Alors que l’on approche doucement (et sûrement) du quarantième anniversaire du CPC 464, force est de constater que ces bons vieux crocordinosaures vieillissent extrêmement bien. Pour peu que l’on ait pris la précaution de les stocker dans de bonnes conditions. Et pas dans un placard dans la cabane au fond du jardin, où on va quand on a besoin.

Mais, il y a un mais, un des composants essentiels de ces machines ne tient pas le choc face au poids des années, il s’agit bien évidemment du lecteur de cassettes ou de disquettes. Entre le moteur grippé, encrassé par la saleté, sans parler des courroies moisies, il est nécessaire de mettre les mains dans le cambouis pour remettre toute cette antique machinerie d’aplomb.

Et si comme moi vous avez trois mains gauches (oui je vis près d’une centrale nucléaire) et que vous êtes incapables de réparer ces composants vous devez vous rabattre sur des systèmes plus modernes d’émulation pour continuer à pouvoir profiter de vos jeux préférés, oui oui même Germaine, je t’ai vu toi derrière ton écran, et ne nies pas !!!

Parmi ceux-là nous avons, parmi les plus connus : le Gotek, M4Wifi, Usifac, Maxduino, Thermomix, etc. Quoiqu’il me semble que le dernier n’en soit pas, mais passons. Or il y a un système plus méconnu qui pourtant mériterait votre attention : Le Dandanator.

À l’origine développé pour le ZX Spectrum, qui partage le même processeur central que les CPC : Le Zilog Z80, on le doit dans sa version d’origine « spectrumienne » à trois personnes d’origine espagnole : messieurs Dandare, overCLK, et mad3001. L’objet, une cartouche à enficher sur un des ports du Spectrum, est baptisé « ZX Dandanator Mini ». Il se compose d’une carte électronique (eeprom) prévue pour stocker des snapshots (images) de logiciels.

Plus tard sortira une version plus ou moins bien adaptée à nos machines Sugariennes : le CPC Dandanator Mini. Fonctionnant sur le même principe, avec une pcb d’une capacité de 512k, il se connecte au port Expansion des Amstrad CPC.

Relativement performant, malgré de nombreuses limitations (j’y reviendrai) il présente un petit souci relatif à sa conception horizontale, qui prend beaucoup de place derrière la machine. Il existe également d’autres versions, comme le Dual Mini, qui intègre 2 cartes électroniques pour deux fois plus de plaisir, et même une version avec un genre de mini carte imitation disquette, mais je n’ai pas pu l’essayer à ce jour.

Et encore il existe une autre déclinaison : la version « Élite » qui utilise le même système de cartouches que le D.E.S. dont je vais vous parler, mais incompatible avec celui-ci ! Mais pourquoi tant de haine ?

Je vais donc vous présenter une version bien plus « connue », surtout chez nos amis ibériques, à savoir le D.E.S : Dandanator Entertainment System, rien avoir avec son presque homonyme chez l’entreprise du plombier moustachu sauteur de champignons.

Le D.E.S (projet de domaine public) se présente en deux parties, contrairement à son prédécesseur :

– Une base connectée au port Expansion de n’importe quel CPC (old ou plus), possédant un port d’extension à l’arrière ainsi qu’un petit panel de commandes comprenant entre autres un bouton Reset (bien pratique), sans oublier l’indispensable prise micro-usb pour la brancher à un ordinateur moderne (pc/mac/linux). Ceci afin de pouvoir flasher les cartouches amovibles (à insérer dans un port dédié en haut du dispositif) via un logiciel au format Java (Rom Generator), et un pilote à installer préalablement sur l’ordinateur.

– La cartouche proprement dite, au format GBA (Game Boy Advance), d’une capacité de 512k, réinscriptible. Mais attention si la coque est une coque originale GBA l’architecture interne est totalement différente. Donc pas question d’y glisser un jeu gba afin de vous éclater sur Léa Passion Vétérinaire ou même Alexandra Ledermann ! Désolé d’avoir brisé vos espérances.

La base du D.E.S sert donc d’interface et de détection de cartouche. A l’allumage (avec une cartouche insérée) le CPC bascule immédiatement vers le menu propriétaire de sélection des logiciels. Menu que l’on peut customiser via le logiciel à installer sur son ordinateur. Si aucune cartouche n’est insérée, le D.E.S se comporte comme un dispositif désactivé, et le CPC démarre normalement sur l’interface habituelle.

A la différence du Gotek ou du Maxduino (émulateur de K7) le chargement des jeux est quasi instantané. Quel bonheur c’est (pour un CPC 464) de ne pas attendre de très très longues minutes pour avoir le bonheur ultime de se faire sauter la caboche sur un bon vieux Barbarian ! Les amateurs de champagne Veuve Cliquot apprécieront, et bien sûr toujours avec modération, les moulinets d’épée.

Le logiciel Rom Generator (sur votre ordinateur) permet de se créer ses propres compilations de jeux au format .rom, à partir de fichiers au format dsk, cdt, sna. Le système prévoit la compression des images de jeux afin d’avoir le meilleur rendement possible sur l’espace de la cartouche.

Mais il est bon et instructif de souligner (merci au Maître Jedi Obi Sugar Crocobi) que le logiciel Rom Generator ne gère que le format .sna . Quand on insère (dans ce logiciel) un cdt ou un dsk, il utilise son émulateur cpc interne pour en faire un snapshot (.sna). C’est pour cela que les jeux nécessitant des chargements ne fonctionnent pas, je vais vous en parler plus en détail un peu plus loin. Cela vous fera une super anecdote à placer au cours d’un repas animé entre cpcistes, avant la bagarre générale, à l’image de la case finale dans les albums d’Astérix ! « Il est pas bon mon raster ? Il est pas beau mon cat-art ? Moi je préfère le CRTC 2, na na na ! »

Mais alors me direz-vous ? C’est une extension idéale ? Et bien pas tout à fait et je vais vous expliquer pourquoi pas mal de personnes la détestent, et je vais essayer, à mon modeste niveau de vieux cpciste joueur geek, de vous donner les bons et les mauvais points du Dandanator. Si vous avez de meilleures infos que moi, ou voulez creuser plus profond dans le côté technique, n’hésitez pas à en parler en commentaire de cet article.

Le principal reproche que l’on remarque très rapidement, et qui est embêtant pour se faire des compilations de jeux, c’est que ce système ne gère pas du tout les jeux en multi chargement (voir plus haut l’histoire des sna), ce qui va limiter fortement les programmes compatibles. Il y en a beaucoup bien sûr qui se chargent en une fois, mais c’est une grosse source de frustration quand, durant le chargement, apparaît un inopportun « Drive A : Disc Missing » (petit coup de pub pour les hors-série du fanzine ùCPM !), désolé ça m’a échappé ! (Numéro 3 disponible depuis octobre 2023)

Deuxième point négatif (il y en a sûrement d’autres) : les développeurs lui reprochent d’avoir été conçu d’abord sur ZX Spectrum et de ne pas respecter la g